June 5, 2026
June 5: En route pour la Normandie – Part I

Written by Mary-Pier Touchette
En cette deuxième journée sous le thème de la Deuxième Guerre mondiale, nous avons eu le privilège de découvrir Dieppe depuis les falaises qui l’entourent.
Notre premier arrêt se situait sur les hauteurs à l’est de la ville, où se trouvait autrefois une mitrailleuse allemande. Le major Nicholas Wheeler nous a expliqué les éléments tactiques à considérer. La position élevée offrait des angles de tir avantageux tout en rendant l’assaut extrêmement difficile pour les forces alliées. Il a également souligné que le choix de la plage de Dieppe pour l’attaque amphibie représentait « l’option la moins pire », compte tenu d’un terrain globalement défavorable. Les bombardements aériens avaient été exclus afin d’éviter la destruction de la ville et les pertes civiles.
Nous nous sommes ensuite rendus à Hautot-sur-Mer. C’est à cet endroit que les Canadiens ont pénétré le plus loin à l’intérieur des terres, malgré l’avantage que conservaient les Allemands grâce à l’élévation du terrain. Le South Saskatchewan Regiment, initialement destiné à débarquer à l’ouest, arrive plutôt à l’est et réussit à sécuriser la plage, notamment en capturant un radar. Toutefois, la présence d’une rivière séparant les deux secteurs complique la progression. Les soldats doivent traverser un pont exposé, une manœuvre particulièrement risquée en contexte opérationnel. Le lieutenant-colonel Charles Merritt fait alors preuve d’un courage exceptionnel en effectuant plusieurs allers-retours sur le pont pour motiver ses hommes, qui finissent par s’en emparer. Il devient ainsi le premier Canadien récipiendaire de la Croix de Victoria durant la Deuxième Guerre mondiale pour ses actions à Dieppe.
Sur une autre portion de la plage, les Royal Winnipeg Rifles débarquent, le cornemuseur-major Alex Grant menant l’assaut « over the top », suivis par les Queen’s Own Cameron Highlanders of Canada de Winnipeg. Ces régiments comptent parmi ceux ayant obtenu les succès les plus marquants de l’opération.
Nous avons ensuite visité le cimetière militaire canadien de Dieppe, où nous avons assisté à une courte cérémonie organisée par la GRC. Un cornemuseur a interprété le traditionnel « Lament ». Abigail nous a présenté l’histoire du caporal C. J. Emberson, rendant ce moment particulièrement touchant.
Nous nous sommes ensuite dirigés vers les champs de bataille de Normandie. Gary Sheffield nous a offert une présentation sur les opérations précédant le Jour J, notamment les objectifs des troupes aéroportées, dont les ponts Pegasus et Orne. Un malentendu amusant est survenu lorsque certains étudiants ont cru que les soldats arrivaient en « planeurs individuels ». En réalité, il s’agissait d’appareils sans moteur capables de transporter jusqu’à treize soldats. Leur équivalent moderne serait les hélicoptères. Ces opérations furent un succès et permirent l’arrivée de l’infanterie, accompagnée du célèbre cornemuseur Bill Millin, cornemuseur personnel du commandant Simon Fraser.
La journée s’est conclue par la visite du musée du pont Pegasus, où un planeur est exposé. Avant cela, Julia nous a partagé l’histoire de son grand-oncle, pilote pour l’Aviation royale canadienne, décédé en mer en 1943 après une attaque allemande. Ce témoignage émouvant rappelle l’ampleur des sacrifices humains et le prix de la liberté.
-Mary-Pier Touchette (Universite de Quebec en Outaouais)
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